Pink Floyd a perdu un autre de ses membres fondateurs. Après le décès de Syd Barrett en 2006, le claviériste Rick Wright s'est éteint
lundi, à l'âge de 65 ans, des suites d'une courte bataille contre un cancer des poumons. Richard Wright était né le 28 juillet 1943 dans un quartier de Londres appelé Hatch End. Lors de ses
études d’architecte à la Regent Street Polytechnic, il avait fait la connaissance de Roger Waters, Nick Mason et Syd Barrett. Rapidement, ce passionné de jazz se lia d’amitié avec eux et
devint bientôt le claviériste de leur groupe qu’ils avaient fondé. Dès le premier album The piper at the gates of dawn, le jeu de Wright s’affirme par son côté jazzy mais
également psychédélique : des chansons comme Interstellar Overdrive ou Chapter 24 en témoignent. Rick Wright ne composa pas tant de morceaux au sein du groupe mais la
majorité d'entre eux sont aujourd'hui des classiques du groupe, mondialement connus : on retient notamment Echoes (Meddle en 1971), The great gig in the
sky (Dark side of the moon en 1973), Shine on you crazy diamond (Wish you were here en 1975) ou bien encore Wearing the inside out
(The division bell en 1994). Il chanta également sur quelques morceaux du groupe comme Summer '68, Echoes ou bien encore Time. Au cours de la seconde
moitié des années 70, Richard Wright connut de sérieux problèmes avec le groupe à cause de sa consommation de cannabis, de plus en plus fréquente. Ses relations avec Roger Waters se
dégradèrent ainsi d’années en années, ce dernier le qualifiant de « bon à rien ». Il fit pression sur lui en 1979 en lui demandant de quitter le groupe, ce qu'il fit. Durant la tournée
The Wall de 1980 et 1981, il redevint simple musicien, avant d’être totalement absent de The final cut en 1983. Il composa en 1978 son premier album solo,
Wet dream, puis en 1984 il joua sur l’album Identity en tant que membre du groupe Zee, qui ne dura que le temps de cet album. Il partit ensuite en Grèce
quelques années, après son divorce avec sa première femme Juliette, qu’il avait épousé en 1964 et qui lui avait donné deux enfants. David Gilmour le rappela en 1987 pour participer à son
nouveau projet, A momentary lapse of reason. Cependant, il ne le considéra pas de nouveau comme un membre et Wright garda ainsi son statut de musicien salarié tout au long
de l’année. Ce n’est qu’au cours de la tournée et à la parution de l’album live Delicate sound of thunder qu’il redevint légalement un membre de Pink Floyd. En 1994,
il joua sur The division bell, le dernier album de Pink Floyd, en signant une nouvelle composition, Wearing the inside out, et participa à la tournée qui suivit.
Après le gigantesque « Division Bell tour » et son divorce avec sa seconde femme Franka, Richard Wright se remit à écrire et composa son second album solo Broken China,
certainement le meilleur de tous, dont le concept très sombre fut inspiré par les problèmes que connut sa troisième femme Millie. Cependant, aucune tournée ne suivit cet album. Richard
Wright fit également appel à Sinead O’Connor pour deux titres de l’album. En 2001, lors de la tournée semi-accoustique de David Gilmour, il joua à ses côtés un des morceaux de cet album,
Breakthrough. En 2006, Wright participa également à l’enregistrement de deux titres de On an Island, le dernier album solo de David Gilmour. Il participa surtout à
la tournée qui suivit l’album, jouant avec une grande émotion certains de ses titres comme Wearing the inside out, ou bien de grands classiques du groupe comme Arnold
Layne ou Echoes. Enfin, Rick Wright avait depuis peu annoncé un nouveau projet solo pour les années à venir, que ses fans attendaient avec impatience.
Son dernier vrai concert reste ainsi le Live In Gdansk, lequel paraîtra officiellement dans un coffret la semaine
prochaine, lundi 22 septembre. Se le procurer serait ainsi la moindre des choses, ne serait-ce que pour admirer une dernière fois Rick sautiller derrière ses claviers lors de son dernier
concert. Qui ne se souvient pas de ses prestations sur Echoes, sur Wearing the inside out, sur Arnold Layne en hommage à Syd, mais aussi sur les refrains de
Time et les couplets de Comfortably numb ? qui n'a pas été marqué par cette nappe de synthé reconnaissable entre milles sur l'album Wish you were here, par
le son doux de son piano sur The great gig in the sky ou Us and them ? avec la disparition de Rick Wright, Pink Floyd meurt également ce lundi 15 septembre. J'aurais eu
l'immense plaisir de voir ce grand Monsieur à l'Olympia en 2006 pour un concert qui était sans doute un des meilleurs de David Gilmour. Je n'ai pas eu la chance d'aller à Vienne mais je
sais que Rick a fait là un de ses meilleurs concerts. Il était tout simplement heureux. C'était sa meilleure tournée, lui-même l'avoue volontiers dans le DVD bonus de Remember That
Night. La communauté floydienne porte le deuil d'un membre fondateur du groupe, trop souvent oublié par la majorité des gens pour un apport musical qui était en fait immense. Nous
perdons là une partie de l'âme de Pink Floyd. Je souhaiterais compatir à la douleur de la famille de Rick, et j'ai une énorme pensée pour David Gilmour, Roger Waters et Nick Mason, leurs
proches respectifs, toutes les personnes qui ont travaillé avec Rick comme Guy Pratt dont il était le beau-père, Jon Carin, et tellement d'autres... sans doute ses proches savaient-ils
qu'il était malade mais nul ne se doutait de l'issue de l'histoire, et d'une issue aussi rapide. Moi-même je ne savais pas du tout que Rick était malade, comme tous les autres fans, sans
exception. J'ai enfin une énorme pensée pour vous, fans du groupe : nous avons tant rêvé grâce à Rick, à ses mélodies, mais il faut se dire que, même parti, sa musique et sa voix - et c'est
merveilleux - resteront gravées, indélébiles, pour encore de belles années. Ce n'est pas seulement un musicien que j'ai pleuré hier, mais un proche. L'effet que son décès m'a procuré est
impensable pour un très grand nombre de personnes. Seuls les fans ou simples amateurs du groupe peuvent comprendre. Je suis effondré par la nouvelle, comme vous tous. Et c'est avec une
peine incommensurable que j'ai écrit cette nécrologie pour vous. Nous devons nous serrer les coudes et repartir de l'avant, soutenir les trois membres restants, continuer à écouter leur
musique, cette musique... la même qui va désormais prendre une toute autre dimension à partir d'aujourdhui.
David Gilmour a écrit hier un mot pour Rick sur son site, le voici en anglais puis en
français. En anglais d'abord :No one can replace Richard Wright. He was my musical partner and my friend. In the welter of arguments about who or what was Pink Floyd,
Rick's enormous input was frequently forgotten. He was gentle, unassuming and private but his soulful voice and playing were vital, magical components of our most recognised Pink Floyd
sound. I have never played with anyone quite like him. The blend of his and my voices and our musical telepathy reached their first major flowering in 1971 on 'Echoes'. In my view all the
greatest PF moments are the ones where he is in full flow. After all, without 'Us and Them' and 'The Great Gig In The Sky', both of which he wrote, what would 'The Dark Side Of The Moon'
have been? Without his quiet touch the Album 'Wish You Were Here' would not quite have worked. In our middle years, for many reasons he lost his way for a while, but in the early Nineties,
with 'The Division Bell', his vitality, spark and humour returned to him and then the audience reaction to his appearances on my tour in 2006 was hugely uplifting and it's a mark of his
modesty that those standing ovations came as a huge surprise to him, (though not to the rest of us). Like Rick, I don't find it easy to express my feelings in words, but I loved him and
will miss him enormously. David Gilmour.En français à présent :Personne ne pourra remplacer Richard Wright, mon partenaire musical et mon ami. Dans la profusion
de disputes sur l'identité ou la nature de Pink Floyd, l'apport énorme de Rick était souvent oublié. Il était discret, modeste et secret, mais sa voix et son jeu mélancoliques étaient des
composants vitaux et magiques du son Pink Floyd le plus reconnu. Je n'ai jamais joué avec quelqu'un d'autre comme lui. La fusion de nos voix et notre télépathie musicale a éclos pour la
première fois en 1971, sur Echoes. Pour moi, tous les plus grands moments de PF sont ceux où il se donnait à fond. Après tout, sans Us and Them et The Great Gig in the Sky, qu'il composa
toutes deux, qu'aurait été The Dark Side of the Moon ? Sans sa touche discrète, l'album Wish You Were Here n'aurait pu tout à fait fonctionner. Par la suite, il se perdit quelque peu pour
diverses raisons, mais au début des années 1990, avec The Division Bell, il retrouva sa vitalité, son étincelle et son humour, et la réaction du public à ses apparitions durant ma tournée
2006 fut très chaleureuse. Le fait que ces applaudissements soutenus furent une surprise de taille pour lui (mais pas pour nous) est une preuve de sa modestie. Comme Rick, il ne m'est pas
facile d'exprimer mes sentiments avec des mots, mais je l'aimais, et il me manquera énormément. David Gilmour.
Please feel free to share your feelings or anything you want (poems, music, videos...), RIP Rick - Merci de partager ici vos
sentiments ou ce que vous voulez (poèmes, musique, lien vers des vidéos...), Repose en paix Rick, on ne t'oublie pas. Et plus d'informations dès que j'en ai bien entendu. Merci,
Aurélien.